les erreurs de la ligue 1 pas de garanties

Impayé Ligue 1 – Mediapro : quelles leçons retenir de ce fiasco annoncé ?

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Quand l’un de vos clients refuse de vous payer une facture de 1 000 euros, c’est la panique à bord.

Alors, imaginez un peu si cette facture s’élevait à 172 millions d’euros…

Ce cauchemar, c’est celui que vit la Ligue 1 (le football français, pour ceux ou celles qui confondraient avec une ligue de superhéros Marvel).

Les droits de diffusion du football français

Si vous ne connaissez (vraiment) pas l’histoire, en voici un court résumé :

Chaque année, les matchs du championnat de football français sont diffusés sur une chaîne de télévision. Bien entendu, ce n’est pas gratuit (c’est le moins qu’on puisse dire…).

La Ligue de Football émet alors un appel d’offre et la chaîne de télé la plus offrante remporte la mise pour une ou plusieurs saisons du championnat (en l’occurrence 4 dans le dernier cas de figure).

Historiquement, c’est Canal + qui détenait le monopole du football et raflait chaque année le contrat. Mais les temps ont changé et avec la multiplication des chaînes privées, souvent financées par l’étranger, la concurrence a explosé. Et Canal a dû lâcher progressivement l’affaire.

Résultat : pour la période 2020 – 2024, c’est la chaîne Téléfoot, spécialement créée pour l’occasion, qui a décroché les droits pour la modique somme de 814 millions d’euros… par an !

Cette chaîne appartient à Mediapro, un groupe audiovisuel espagnol détenu à plus de 50 % par un fond d’investissement chinois. De là à en déduire que le football français a été vendu au Parti Communiste Chinois, il n’y a qu’un pas.

Une facture impayée d’un montant de 172 millions d’euros !

Bref, début octobre survient le drame : Mediapro refuse de payer à la Ligue 1 l’échéance prévue, soit 172 millions d’euros (ce qui ne laisse rien présager de bon pour les prochaines factures).

Le football français et la France entière sont en émoi :

Car si la Ligue 1 n’est pas payée, les clubs français ne le seront pas non plus. Et là, je vous entends déjà me dire :

« Mais qui va payer les 3 millions d’euros mensuels qu’empochent chaque mois Neymar pour se rouler par terre et faire des allers-retours Paris – Rio en jet privé pour souhaiter un bon anniversaire à sa frangine ? »

Je vous rassure : nos amis et mécènes qataris tiendront probablement le coup.

Mais ce n’est pas le sujet de cet article.

Je ne vais pas revenir sur les conséquences de cet impayé, les procédures et négociations en cours ainsi que les clauses du contrat. Des journaux comme Les Échos ou L’Équipe s’en chargent déjà.

Non, je souhaite orienter cet article sur un aspect concernant toutes les entreprises, dont la vôtre, quand elles s’apprêtent à signer un (gros) contrat avec un nouveau client.

Les erreurs commisses par la Ligue 1

Et cet aspect, souvent occulté, consiste à se poser quelques questions vitales avant de s’emballer et de signer des contrats à tour de bras avec le premier venu :

  • Va-t-il être en mesure de me payer ?
  • Son projet est-il fiable ?

Car dans cette affaire qui secoue et menace le football français, nous sommes au cœur du sujet.

En effet, si la Ligue 1 s’était posé ces questions (ou en tout cas avait pris les réponses avec un peu plus de sérieux), nous n’en serions peut-être pas arrivés là.

Ainsi, quelques points, et pas des moindres, auraient dû alerter les instances du football français avant de donner les clefs de notre football à ces Espagnols d’origine chinoise :

Au moment de la signature du contrat, en 2018, la chaîne de télévision Téléfoot n’existe pas. Elle ne sera créée que le 17 août 2020, tandis que le championnat français débute le… 23 août 2020.

Un détail intéressant quand on sait que Mediapro, via Téléfoot, avait tablé sur une base de 3,5 millions d’abonnés pour commencer à rentabiliser son investissement. (Selon RTL, le nombre d’abonnés à Téléfoot s’élève à 278.000).

Partant de ce double constat, une question me turlupine :

Comment une chaîne sortie de nulle part pouvait-elle espérer un si grand nombre d’abonnés en si peu de temps ?

Canal + contre Téléfoot : un match perdu d’avance ?

À titre de comparaison, Canal + détenait 4,7 millions d’abonnés directs au 31 décembre 2018, une année où elle se partageait les droits TV de la Ligue 1 avec beIN Sports.

Petit rappel :

  • Canal + a été créée en 1984, Téléfoot moins d’une semaine avant le début de la Ligue 1.
  • Canal est une chaîne mythique et fait figure de référence dans le football, Téléfoot une nouvelle venue dont personne n’a entendu parler.
  • Canal propose à ses abonnés du football, du rugby, des séries, des films, du X et j’en passe. Téléfoot se limite… au foot, en l’occurrence la Ligue 1 et la Ligue 2, plus quelques autres matchs par-ci par-là. Au-delà de l’offre disparate, on peut aisément imaginer qu’une bonne moitié des abonnés Canal, si ce n’est pas plus, ne sont pas là (que) pour le foot.
  • Canal Plus propose un abonnement découverte d’un an à 19 euros par mois. Téléfoot a lancé son offre, avant de la modifier, mais trop tard, au prix exubérant de 25 euros par mois ! Un record pour regarder une fois par semaine le match de son équipe favorite.
  • Le montant des droits Télé a explosé en 2020, c’est la raison pour laquelle Canal + a dû y renoncer.

Mais les négligences et les imprudences ne s’arrêtent pas là.

La Ligue 1 n’a pas pris de garanties suffisantes

Car au-delà d’avoir présenté aux instances de la Ligue 1 un projet trop ambitieux (pour ne pas dire farfelu), Mediapro avait tenté en 2018 d’acquérir les droits de diffusion du championnat italien, avant de se faire recaler faute d’avoir présenté des garanties bancaires suffisantes.

Mais côté français, pas de souci ! Aucune garantie ou acompte n’est exigé.

Pire, on append via L’Équipe que la Ligue 1 aurait refusé de payer une prime de 3,4 millions d’euros auprès des assureurs pour se couvrir contre le risque d’impayé.

Non, ils n’ont pas jugé tout ça utile et ont préféré remettre le destin du football français entre les mains du premier venu, sans trop se poser de questions, sans aucune assurance ou garantie solide.

Sécurisez vos ventes en tuant l’impayé dans l’œuf

Mais ne rigolons pas trop, car nous devons être honnêtes :

La grande majorité des entreprises et des indépendants ont déjà commis ce genre d’erreurs avec leurs clients, à savoir, faire signer des devis et des contrats sans trop se préoccuper de la solvabilité et du sérieux de ces derniers, sans prendre aucune précaution et exécuter la prestation avant même d’avoir reçu un acompte.

Alors, certes, vous n’êtes pas au même niveau que la Ligue 1 et j’imagine que vous n’avez aucun impayé s’élevant à 172 millions d’euros (du moins je l’espère pour vous).

Néanmoins, et c’est le message qu’il faut absolument retenir de cette catastrophe financière, votre devoir est de sécuriser vos ventes afin de limiter au minimum le risque d’impayé et ses conséquences dramatiques qui peuvent affecter lourdement votre trésorerie.

Pour cela, il s’avère indispensable de mettre en place une stratégie de recouvrement de créances préventive au sein de votre organisation.

C’est la raison pour laquelle nous avons créé la formation en ligne Combattre les Impayés à la Source.

Vous y apprendrez toutes les techniques et réflexes à adopter pour limiter le risque d’impayé et ne pas vous retrouver dans des situations à risque telle que celle dans laquelle s’est empêtrée la Ligue 1.

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