Cet ami qui vous doit de l’argent

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Plus vous êtes proche d’une personne, plus il vous sera difficile de lui dire non.

Et tout spécialement quand il s’agit d’argent. Si un ami vous demande de lui prêter 200 euros, vous allez sûrement accepter, même à contre-cœur. Mais si un mendiant vous gratte une pièce à la sortie de Carrefour, et que vous n’avez pas envie de lui en donner une, vous n’aurez aucun problème à refuser et à poursuivre votre chemin.

Transposons maintenant ce concept à notre sujet : les factures impayées.

Et partons sur un exemple, une expérience vécue :

Quand j’étais chargé de recouvrement pour une grande entreprise française, il m’arrivait de tomber sur des clients un peu particuliers.

Ces derniers cumulaient les factures impayées (parfois plusieurs dizaines de milliers d’euros) et quand je leur réclamais le paiement, voici ce qu’ils me répondaient :

« Arrêtez de m’emmerder, je connais le directeur de votre agence, Monsieur X. Si vous continuez à me relancer, je vais me plaindre auprès de lui et arrêter de travailler avec vous. »

Pour éviter une escalade, je me tournais alors vers l’assistant(e) de Monsieur X, afin qu’il règle lui-même cette histoire d’impayés. Et voici ce que l’on me répondait bien trop souvent :

« Oui, je sais, il a des impayés. Mais c’est un ami à Monsieur X, c’est compliqué et il est susceptible. On ne peut pas le relancer comme ça, mieux vaut éviter aussi de lui envoyer des courriers. Je vais voir avec Monsieur X, et je te tiens au courant. »

Et bien entendu, rien ne se passait. Ou alors, cela prenait une éternité.

Le problème ?

Ce type de personne se croyait au-dessus du lot parce qu’elle connaissait le directeur. Elle estimait qu’elle pouvait payer quand elle le voulait, même des mois en retard. Qu’elle pouvait nous parler de façon vulgaire et hautaine. Bref, ce genre de clients se prenaient pour des VIP !

De l’autre côté, celui du directeur, et donc du créancier, on se trouvait face à un dilemme :

Devenu trop proche, trop « pote » avec ce client, Monsieur X ne savait plus comment lui rappeler qu’il lui devait de l’argent. Il craignait de le vexer, de se fâcher avec lui. Pire, de créer un scandale.

Vous voyez où je veux en venir ?

Il n’est jamais très bon de mélanger travail et sentiments. Jamais très bon de confondre amitié et business.

Un client est avant tout un partenaire commercial, mais aussi un débiteur. Vous pouvez bien entendu sympathiser avec lui, mais dans certaines proportions. Si vous le laissez vous tutoyer, vous payer des coups à boire et se confier à vous, vous risquez de vous retrouver dans un beau pétrin, comme l’on vient de le voir dans notre exemple.

Garder certaines distantes dès le départ est parfois compliqué, mais rentable sur le long terme.

Que préférez-vous entre ces deux options :

Avoir un « ami » qui ne vous paye pas ou avoir un client qui paye ?

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